La privatisation n’est jamais bien loin !

Corporatisme (nom masculin) : défense exclusive des intérêts particuliers d'une catégorie de personnes.*

 

Le corporatisme, c’est le choix que font nos collègues du SNCTA avec les contrôleurs aériens ou bien du SNIESSA avec les ingénieurs électroniciens. La CFDT pense elle aussi les problématiques par branches et métiers. C’est indispensable tant nos professions sont spécialisées et techniques. Cependant sa plus-value est de faire discuter toutes les composantes de la DGAC entre elles pour obtenir une position concertée qui permet une vision globale des enjeux de l’aérien.

 Scission à l’UNSA : le corporatisme en question ?

Il y a un mois la branche IESSA de l’UNSA faisait scission pour s’allier avec le SNCTA. Nos collègues de la CGT viennent de publier une communication très pertinente sur le sujet**. Elle pointe avec justesse que l'alliance SNCTA-SNIESSA « montrera ses limites lors de négociations réelles, où les intérêts catégoriels de chacun reprendront le dessus ». Nous partageons ce diagnostic. C’est une alliance purement électorale et non un nouveau syndicat. Et effectivement, le SNCTA, poids lourd du duo, aura tôt fait de régler ses affaires sans se préoccuper de son associé.

Mais une fois ce constat posé, la CFDT vous propose d’aller plus loin.

Le protocole, première victime.

La logique de « bloc des corporatistes » a un débouché très concret : la transformation du protocole DGAC en deux accords de branche : un pour les ICNA et l’autre pour les IESSA. Cette explosion par fissuration du protocole ne serait pas sans conséquence pour les agents de la DGAC. Mathématiquement elle réduirait à zéro tous les autres budgets sociaux, les effectifs et les primes des autres corps.

Le protocole actuel, certes imparfait, certes inégalitaire, garantit néanmoins des budgets qui concernent l'ensemble des agents. Nous avons signé le dernier et le directeur de l’époque était très clair : « Le cœur c’est le contrôle. Si vous ne signez pas, il n’y aura pas de primes pour les autres métiers. »

Et c'est précisément la signature de la CFDT qui a permis aux administratifs, aux IESSA, aux TSEEAC, aux supports et aux encadrants d'obtenir quelque chose. Sans ce cadre collectif, l'accord se serait replié sur le seul périmètre contrôle. C'est cette mécanique de repli qui se profile aujourd'hui, avec pour horizon — assumé ou non par les syndicats corporatistes — la fin de 40 ans de logique protocolaire à la DGAC.

L'accord de branche c’est pour le privé !

Cette expression mérite qu'on s'y arrête. C'est un vocabulaire du secteur privé. Et cela n’a rien d’un hasard. La fragmentation corporatiste dessine, progressivement, les contours d'une partie profitable de la DSNA découplée de la DGAC et de la fonction publique d'État. C'est le véritable horizon lucratif derrière le « modèle d’une DSNA hégémonique ».

Posons-nous les vraies questions ! À quoi ressembleront nos statuts dans dix ans si le dialogue social à la DGAC est confiné dans un huis clos exclusif DSNA-SNCTA ? À quoi ressembleront nos conditions de travail si la DSNA s’avance un peu plus sur le chemin de la privatisation ?

La DGAC avance grâce à tous les métiers, grâce à tous les agents.

En brisant cette vision globale, nous porterons directement

atteinte à la qualité du service aérien.

Ne laissons pas notre maison se diviser !

L’excellence ne se fragmente pas.

 

* Dictionnaire Larousse
**lien vers la communication CGT