Prime de Partage de la Performance : un dispositif qui tourne le dos aux agents
Le décret du 15 août 2026 prolonge l'expérimentation de la prime de partage de la performance à la DGAC, au BEA et à l'ENAC. Initialement prévue pour trois ans, cette expérimentation est désormais étendue à cinq ans.
Sur le principe, pourquoi pas. Dans la réalité, c'est une immense déception.
Qui est concerné ?
La prime s'adresse à l'ensemble des personnels de la DGAC, du BEA et de l'ENAC : fonctionnaires, ouvriers d'État et agents contractuels. Elle sera versée sur la paie de novembre 2027.
Des montants attractifs… sur le papier
Les plafonds annuels restent fixés à :
- ICNA : jusqu'à 1 000 €
- IESSA : jusqu'à 600 €
- IEEAC : jusqu'à 600 €
- Autres corps de catégorie A : jusqu'à 500 €
- TSEEAC : jusqu'à 450 €
- Autres corps de catégorie B : jusqu'à 350 €
- Catégorie C, ouvriers d'État et OPA : jusqu'à 250 €
Mais attention : ces montants ne sont que des plafonds théoriques.
Le montant réellement versé dépend du taux d'atteinte des objectifs collectifs définis par l'administration.
Des objectifs irréalistes, des agents pénalisés
Depuis mi-2025, la CFDT Aviation civile, aux côtés d'autres organisations syndicales, alerte la direction sur les modalités de calcul de cette prime.
Nous avons dénoncé des indicateurs de performance mal conçus, parfois inadaptés aux réalités du terrain, et dont certains objectifs apparaissent difficilement atteignables, voire inatteignables.
Résultat :
· Taux d'atteinte des objectifs 2024 : 77 %
· Taux d'atteinte des objectifs 2025 : 47 %
Conséquence directe : les montants versés seront amputés de plus de la moitié par rapport aux plafonds affichés.
Peut-on sérieusement parler de "partage de la performance" lorsque les règles du jeu rendent les objectifs inaccessibles ?
La CFDT Aviation civile revendique une véritable reconnaissance de tous les agents
Tous les personnels contribuent à la performance collective de la DGAC.
Tous participent à la qualité du service public aérien.
Tous doivent être reconnus équitablement.
La CFDT Aviation civile continuera à défendre un dispositif plus juste, plus transparent et véritablement ouvert à l'ensemble des corps et métiers.
La performance est collective. Son partage doit l'être aussi.