DZ5 : l'histoire qui fait pschitt !

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DZ5 : l'histoire qui fait pschitt !

Pour celles et ceux qui n'ont pas suivi l'affaire : depuis janvier, la CFDT a publié quatre tracts sur un projet annoncé par l'administration locale d'Aix-en-Provence : céder à l'Italie ou à l'Espagne le contrôle d'une immense zone de ciel au-dessus de la Méditerranée. Un projet qui aurait fait perdre à la DGAC 75 millions d'euros de redevances par an.

Récap des épisodes précédents : à la suite de notre entretien avec le directeur général au sujet de la cession des espaces D et Z, nous lui avons envoyé la retranscription de nos questions/réponses. Le lendemain, le cabinet du directeur convoquait toutes les OS pour la présentation d'une « feuille de route performance Aix Zone Est ». Dans la foulée notre interview était refusée et s'ouvrait une semaine de tête à tête SNCTA-Administration. Cette négociation s'est conclue par une nouvelle option (déport en fin de journée d'un contrôleur prévu de nuit) avec un budget primes hors protocole de 2 millions d'euros supplémentaires pour les zones Est et Ouest du CRNA Sud-Est.

La DGAC en mode Trump

Depuis plusieurs semaines, les différents niveaux de la direction ont confirmé qu'il n'y avait pas de projet de cession. Le SNCTA revendique même dans ses tracts en avoir obtenu « l'abandon ».

En réalité, le projet DZ n'a jamais existé tel qu'il avait été annoncé. Ou plutôt : il a été annoncé, a créé de l'agitation, a permis de justifier une négociation bilatérale, et il est maintenant déclaré officiellement inexistant. C'est une fake news, et nous sommes nombreux à nous en souvenir.

Le vrai problème : les retards

Or l'Europe a fait ses prévisions. Eurocontrol attend 2,5 millions de minutes de retard sur la zone Aix en 2026, soit environ 2 minutes par vol contrôlé. Le seul facteur dont l'impact a été mesuré sérieusement, c'est le sous-effectif.

Face à cette montagne, la direction concentre toute son énergie à grappiller quelques milliers de minutes via une option à 2 millions d'euros et une feuille de route autoritaire. Pour ces miettes, elle est prête à fracturer un peu plus le collectif de travail, à monter encadrement et opérationnels les uns contre les autres, à décrédibiliser la signature du protocole. Et surtout, à regarder la paille elle en rate l'essentiel…

Le vrai problème, c'est le sous-effectif – partout !

Le sous-effectif, ce n'est pas qu'un problème de contrôleurs aériens. C'est un problème de toute la DGAC. Depuis dix ans, les arbitrages budgétaires successifs ont organisé la pénurie : dans les services techniques, au Secrétariat Général, à la DTA, en DSAC, dans les fonctions support. On nous demande chaque année de faire un peu plus avec un peu moins. Le protocole signé en 2024 promettait 327 postes sur sa durée. 20 ont déjà été perdus.

La fake news DZ aura au moins eu un mérite : montrer que lorsque la performance dérape, la direction préfère inventer des projets chocs plutôt que regarder en face le résultat de ses propres choix budgétaires.

À retenir

Le projet DZ était une fake news. La performance ne se trouve pas dans les primes à la flexibilité mais dans les effectifs, dans tous les corps et dans tous les services.

Revendications CFDT

  • Recrutements : 200 ICNA par an (160 actuellement), et fin du sous-effectif dans tous les services de la DGAC
  • Respect de la parole donnée : retour des 20 postes perdus du protocole
  • Une juste répartition des primes, dans le cadre du protocole et négociée avec l'ensemble des organisations syndicales
  • Confiance dans l'encadrement local et les agents de terrain

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