Les Organisations syndicales de la DGAC ont gagné une manche… reste à ne laisser personne sur le tarmac.

  • Effectifs
  • Protection sociale

À la DGAC, personne ne fait voler un avion tout seul. Contrôleurs, techniques, école, administratifs : c'est une chaîne, et elle manque de monde partout.
Le 9 septembre, un premier maillon a été consolidé : le gouvernement a validé un plan de recrutement de 1160 contrôleurs sur 2027-2032. C'est bon pour la navigation aérienne, bon pour le service public, et c'est ce que la CFDT porte en tête de ses revendications depuis des mois. Reste à traiter les autres maillons.

Une victoire réelle, mais en deçà de ce que nous demandions.

200 ICNA au concours, ce sont 200 places offertes — pas 200 élèves qui démarrent leur scolarité en 2027. Avec l’échelonnement des promotions à l’ENAC, une partie des admis n’entrera en formation qu’en 2028. 
Concrètement, la trajectoire annoncée pour 2027, c’est 160 MCTA (4 promos de 40) et une promo Pro/RUE* portée à 40 — une promo professionnelle élargie parce que l’ENAC peut absorber la hausse dès 2027, mais qui ne remplace pas la 5ᵉ promotion MCTA. 
Nous demandions 200 entrants MCTA dès 2027, plus les pros : 40 MCTA manquent à l’appel dès la première année.

Ce n’est pas une question de capacité. 
Nos échos directs du département ATM de l’ENAC sont clairs : l’école sait faire 200 MCTA dès 2027, plus une promo pro/RUE de format standard. Salle de simulation en-route accueillant 40 élèves simultanément, deux nouveaux simulateurs TWR en plus des onze existants, flexibilité ICA/ICAT opérationnelle, marché écho-radar redimensionné — et 11 % de candidats en plus au concours 2025. Le défi n’est plus de savoir si l’ENAC peut former davantage : c’est de décider de le faire en lui donnant les moyens humains.

Record de formation, effectifs en baisse : l'ENAC fait le grand écart.

Former plus, ce ne sont pas que des ICA face aux élèves : ce sont les instructeurs, les plateaux techniques, les enseignants et toutes les fonctions support. Or les lois de finances disent l’inverse : -4 postes ENAC en 2023, 0 en 2024, +5 en 2025, -7 en 2026, soit -6 — quand le document budgétaire de l’État annonce lui-même « le plus fort volume de formation de contrôleurs aériens » de l’histoire de l’école**. On demande à l’ENAC de battre son record avec moins de monde qu’au début du protocole. La CFDT réclame +11 postes ENAC dès 2027 rien que pour tenir le protocole (+6 pour effacer le passif, +5 pour atteindre le niveau prévu), et un plan de recrutement couvrant tous les enseignements et services supports.

Les contrôleurs, oui. Mais toute la DGAC tient le service public.

Notre revendication de +149 emplois reste entière. Une tour ne vole pas sans IESSA pour maintenir radars, radios et systèmes techniques. Ni sans les administratifs, cadres, techniciens, ouvriers, personnels médico-sociaux et navigants. On ne restructure pas toute la maison en coupant ceux qui en tiennent les murs.

Le Projet de Loi de Finances 2027 sera présenté à la fin du mois. Les contrôleurs y sont inscrits ; la 5ᵉ promo MCTA, les moyens de l’école et les autres corps restent à sécuriser — et ce qui n’entrera pas dans ce document sera perdu pour un an.

À la DGAC, il y a une mission commune : la sécurité. Et des effectifs qui manquent partout.
Effectifs pour tous : effectifs, effectifs et encore effectifs !

 * Recrutement de l’Union européenne.
** PAP 2026, budget annexe Contrôle et exploitation aériens, fiche opérateur ENAC, « Perspectives 2026 », p. 44.

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