Point d'information n°3 : Travaux de réaménagement des bureaux DSAC SE et SNIA SE

  • Sud-Est

Le 8 juillet 2026, les Organisations Syndicales (OS) ont été invitées à visiter les locaux de Business France à Marseille. Cette visite avait pour objectif de présenter un exemple d'aménagement de bureaux susceptible d'inspirer le futur réaménagement du bâtiment destiné à accueillir, à terme, les agents de la DSAC SE, du SNIA SE et d'autres services hébergés.

Il convient toutefois de préciser que les conditions de cette visite n'étaient probablement pas pleinement représentatives du fonctionnement habituel des locaux. En effet, celle-ci s'est déroulée un mercredi, alors qu'une partie des espaces était peu occupée, situation accentuée par la période des congés estivaux.
Mais ce choix était une volonté de perturber le moins possible l’activité de la société.

Nous remercions à ce titre, les pilotes du projet côté SNIA SE Bruno Cornen et Joël Tourbot, ainsi que la Directrice des affaires juridiques de la société Business France, d’avoir donné de leur temps pour organiser cette visite.

TRAVAUX DE RÉAMÉNAGEMENT DES BUREAUX

Bâtiments B1 (DSAC SE) et B2 (SNIA SE)

1 - Eclairages apportés par le pilote de projet Nouveaux Espaces de Travail (NET) présent (B. Cornen) et la direction des affaires juridiques de la société, avant, puis après la visite – conditions de déroulement de la visite

Les principales missions de Business France, concernent notamment l'accompagnement des entreprises françaises dans leurs activités à l'international (export), l'accueil et l'implantation d'entreprises étrangères en France (investissement), ainsi que l'accompagnement de la mobilité internationale, notamment des étudiants et des jeunes en mission à l'étranger.

En préambule, il nous est indiqué, par le pilote de projet du SNIA, que dans le cadre de la réorganisation des bureaux DSAC-SE/SNIA-SE, le niveau de rénovation finale n'est toujours pas arrêté au stade actuel (rénovation totale ou partielle du bâtiment de la DSAC-SE ?).
 

Plusieurs possibilités d'aménagement du bâtiment ont été évoquées... Toutefois, l'emploi du total « flex office » permet notamment un gain de place significatif pour les utilisateurs nous indique Bruno Cornen (en tenant compte des absences régulières et prévisibles : télétravail, missions, congés, etc., on diminue ainsi les nombre de postes de travail...).

Il s'agit juste d'un exemple de projet ; pour autant, les projets de ce type sont souvent réalisés peu ou prou sur le même principe rajoute-t-il en fin de visite.

Nous n'avions pas le droit de prendre en photo des salariés sur leur poste de travail (d'où des photos cadrées et limitées souvent aux espaces non utilisés), ce qui est compréhensible.

En revanche, la présence quasi permanente de la Directrice de Business France tout au long de la visite a rendu difficile tout échange direct et spontané avec les salariés, notamment pour recueillir, en toute liberté, leur ressenti sur leurs conditions de travail et leur qualité de vie au travail.

2 - Parti d’aménagement du projet de rénovation et configuration des bureaux visités

L’objectif est de densifier les espaces de travail et de participer parallèlement à leur valorisation.

L’aménagement est censé favoriser les échanges entre salariés et les relations humaines insiste la Directrice générale.

Les plateaux sont rénovés totalement ("page blanche") à comparer avec les solutions envisagées dans le cadre de la réorganisation des bureaux DGAC (dont le degré de rénovation finale n'est pas encore fixé).

La Directrice générale, comme les autres salariés, ne disposent pas de bureau attitré et les bureaux des cadres sont collectifs avec dans chacun 2 personnes en « flex office ».

3 - Méthodologie adoptée

La solution d'aménagement retenue repose sur un fonctionnement intégral en «Flex office ».  À ce titre, aucun poste de travail n'est attribué de manière nominative ou permanente aux salariés. Chaque collaborateur choisit librement un bureau disponible à son arrivée sur site, en fonction des places vacantes et de ses besoins du moment. Cette organisation implique l'absence de bureaux attitrés et nécessite que les espaces de travail soient libérés à la fin de chaque journée afin de pouvoir être réutilisés par d'autres collaborateurs.

Les postes de travail sont de petite taille (peu profonds). Les salariés sont donc tous statiques et le nez rivé sur leur écran. Ils ne parlent pas.

Pour l’isolement des salariés, en cas de besoin, quelques cabines vitrées (semblables à des « aquariums ») ont été installées à la vue de tous, mais ne sont pas très bien isolées acoustiquement (testées par nos soins).

La présence de nombreux casiers dans les couloirs permet aux salariés de stocker leurs objets personnels (casiers de petite taille : pas la place pour y entreposer un ordinateur portable ou un ventilateur) ; certains de ces casiers sont ornés de post-it comportant le nom de salariés. La Directrice générale indique que les salariés de la société rentrent chez eux avec leur PC tous les soirs.

La responsable insiste sur le fait que le projet aurait fait l'objet d'une concertation poussée (bon point, en tous cas a priori). Mais cette concertation se serait surtout faite en phase travaux.

4 - Usage constaté du bâtiment, description et ambiance générale des locaux visités

Les salariés sont majoritairement des travailleurs sédentaires ; seuls environ 10 % des effectifs exercent une activité dite « nomade ». Lors de notre visite, aucune réunion en visioconférence n'était en cours. Seul un échange téléphonique ponctuel a été observé, ce qui contraste sensiblement avec les pratiques habituellement constatées à la DGAC, où les visioconférences et les échanges à distance sont plus fréquents.

La plupart des salariés portaient soit un casque antibruit, soit un micro-casque, contribuant à une ambiance de travail particulièrement silencieuse. Le niveau sonore était extrêmement faible, au point de donner l'impression d'évoluer dans une chambre anéchoïque.

En revanche, l'apport de lumière naturelle paraissait limité. Cette impression pouvait s'expliquer par la fermeture des stores, probablement en raison des fortes chaleurs, mais également par la profondeur importante des plateaux de bureaux, qui éloigne une partie des postes de travail des façades vitrées.

Enfin, l'aménagement intérieur et les choix esthétiques ne contribuaient pas à créer une atmosphère chaleureuse. Les revêtements de sol, le mobilier et les cloisons de séparation privilégiaient une palette de couleurs essentiellement grise et sombre, conférant aux espaces de travail une ambiance plutôt austère.

5 - Nos impressions et notre analyse à la suite de cette visite

La solution « flex office » (bureaux non attitrés) amène peut-être un gain de place significatif, mais rend les locaux très impersonnels, voire austères et angoissants.

L’ajout de tissus d’ameublement (cloisons…) et la moquette au sol (traitement acoustique des lieux oblige) de couleurs assez sombres (certainement pour ne pas être salissants) participent d’autant à la morosité des espaces.

En revanche la société Business France se distingue par une organisation égalitaire : tous les salariés, y compris la Directrice générale, travaillent en bureaux partagés.

Un bon point peut aussi être attribué sans réserve à l’espace central de détente : à la fois convivial et agréable, il est équipé d’une machine à café «de compétition»😉.

Nos Conclusions

Pour un aménagement présenté comme relevant du « Flex office », dont l'un des objectifs affichés est de favoriser les échanges entre les collaborateurs, de renforcer les interactions professionnelles et de développer la convivialité au sein des équipes, le projet que nous avons visité ne nous apparaît pas constituer un modèle à reproduire en l'état.

Nous émettons toujours des doutes quant à la pertinence d’open space (en tous cas ouverts ou de grande taille) pour les activités DGAC (qui impliquent des nuisances permanentes avec de nombreuses visio ou appels téléphoniques), qui font contraste avec les activités des salariés Business France qui restent en silence les yeux rivés sur leurs écrans et ne communiquent pas.

Nous louons l’attitude de la directrice de Business France qui, à l’image du directeur du SNIA, s’impose les mêmes contraintes qu’à ses subalternes (open-space pour toute le monde). Notre préférence porte évidemment sur cette solution qui permet de gagner de précieux mètres carrés d’espace, plutôt que d’opter pour une solution tout « flex office » qui se traduit par des locaux impersonnels et sans âme.

Nous insistons enfin à nouveau sur l’exigence de concertation et la nécessité d’impliquer les salariés dès le début des études. Forcément s’ils sont impliqués trop tardivement, cela s’avérera beaucoup moins utile pour contribuer à la réussite du projet.

 

L’objectif pour la CFDT Aviation Civile est que le réaménagement du bâtiment destiné à accueillir les agents de la DSAC Sud-Est, du SNIA Sud-Est et des autres services hébergés, réponde pleinement aux exigences de qualité de vie au travail, d'efficacité opérationnelle et de performance immobilière.

Aussi, la CFDT Aviation Civile souhaite ainsi que les nombreux enseignements tirés de cette visite, particulièrement riche et instructive, soient pleinement pris en compte.

En effet, les points positifs observés, les constats opérés, ainsi que les propositions formulées, pourraient utilement nourrir la réflexion engagée. De la même manière, les limites et points de vigilance identifiés mériteraient d'être corrigés.

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