Retours des 5 notes DO ATFCM
En s'appuyant sur les futurs résultats de ce nouveau dispositif complet dans lequel la flexibilité est poussée à son maximum à l'échantillon hebdomadaire, nul doute pour notre section que la DO va chercher à revoir l'organisation des Tours de Service et, probablement, le fonctionnement en équipe.
Notre section s'y opposera farouchement.
Les PC du CRNA-O s'expriment
Le 10 Septembre, la section locale de CFDT soumettait aux PC du CRNA Ouest les 5 notes DO ATFCM parues le 1er septembre et applicables au 1er octobre 2026.
Elle invitait alors les personnels à lui faire part de leurs remarques et questions sur le sujet. Notre section remercie tous ceux qui ont accepté d’y consacrer un peu de leur temps libre et qui ont
formulé avec leurs mots leur analyse et ressenti.
On n'a pas connaissance des capas de référence sur lesquelles ils se basent pour les dépassements et donc pour " juger" notre travail, ça manque de transparence…
une première sélection de leurs retoursAvec leur accord et sous couvert d’anonymat
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On n'a pas connaissance des capas de référence sur lesquelles ils se basent pour les dépassements et donc pour " juger" notre travail, ça manque de transparence…
Seuls les chiffres de trafic sont pris en compte pour le calcul des capas de référence. Quid des différences de flux de trafic suivant les momentsn de la journée ? Et la complexité dont on parle depuis des années ?
Ils écrivent que les MDDA impactent l'offre UCESO : je trouve ça un peu fallacieux, c'est parce que les effectifs présents sont "trop" nombreux qu'on attribue des MDDA, on n'adapte pas l'offre UCESO de la journée en fonction des DA qu'on donnera plus tard !
Pour l'analyse des dépassements de capacité, il n'est pas mentionné le taux d'utilisation du CPDLC… nous savons tous que le taux d'occupation de fréquence n'est plus suffisant pour les analyses QS.
A aucun moment, une analyse postops de la façon dont s'est écoulé le trafic n'est demandée : dans leurs calculs, ils vont prendre en compte tout le trafic écoulé, même si les PC ont souffert sur le secteur, et même s'il y a eu SMI, ce qui est tout simplement inacceptable et inadmissible !!!
Je comprends qu'on n'a pas le droit de poser des réguls et d'être sous la prep pendant plus d'une heure : on nous interdit donc de garder un secteur de sécu?
La FMP ne les intéresse pas de 23h40 TU à 4h00TU ? La prise en compte des nuits à Brest ? Les autres CRNA font un secteur sur cette période, pas nous.
Analyse de la section locale du CRNA-Ouest
Un mot sur la forme
Ces 5 notes DO ATFCM ont été portées à notre connaissance début septembre pour une mise en application au 1er octobre. Aucune concertation avec les OS n’a été menée sur le sujet. Comme vous tous, c’est de manière froide et brutale que nous les avons découvertes.
La méthode est purement top-down. En se privant de l’expertise des personnels qui utilisent au quotidien les outils ATFCM liés à la gestion des flux de trafic, des capacités et des ressources disponibles, nos dirigeants ont rédigé une nouvelles fois des notes parfois floues, difficilement applicables car déconnectées de la réalité du terrain. On peut y voir une volonté forte et assumée de reprise en main par l’échelon central du sujet. En décidant de faire complètement abstraction des pratiques et expertises locales qui sont pourtant riches d’enseignements, la DO veut simplement nous dire : « localement vous faites un peu n’importe quoi, trop de mauvaise volonté, vous générez bien trop de délais !
Ce faisant, quand elle parle de « Tour de Service » dans ces notes, elle semble faire un joli méli-mélo entre TDS (construction d’enchaînement de vacations), Tableau de Service (ventilation nominative des ressources disponibles sur les vacations élémentaires) et PREP (schéma de l’offre de la journée envoyée à NM).
Un mot sur le fond
La recherche de performance résumant à elle seule la politique menée par nos dirigeants ces dernières années, la rédaction de ces textes a été grandement motivée par la volonté de réduire les délais et le montant des pénalités européennes attribuées à la DGAC, d’augmenter les recettes et de répondre aux attentes des usagers. En un mot, il faut accroitre la capacité offerte pour réduire les délais.
Pour ce faire, les outils utilisés par l’échelon central sont des outils statistiques qui s’appuient sur des historiques, des modèles, des percentiles, des données synthétiques et l’algorithme 4CAST.
Cette approche purement statisticienne occulte le contexte dans lequel se sont déroulées les occurrences retenues pour l’analyse. La capacité d’un secteur ne se résume pas à un nombre d’avions. Ce qui prévaut, c’est la charge de travail associée intégrant des éléments complémentaires (complexité, activité militaire, phénomènes météo, problèmes techniques, importance du flux océanique pour le CRNA O).
Définition de la capacité de référence:
« Capacité de référence: quantité de trafic, représentée en nombre de vols entrants par pas horaire, acceptable d’un point de vue opérationnel pour un Trafic Volume donné »
« acceptable d’un point de vue opérationnel »: Quelle formulation approximative ! Dans notre milieu professionnel où la sécurité est l’élément principal de notre activité, toute subjectivité dans la définition des termes régissant notre cadre professionnel est à proscrire. Il nous faut une définition précise, cadrée, à l’image de celle d’une norme de séparation pour un croisement.
Evolution des valeurs des capacités de référence
D’après les exemples donnés, il semble bien plus facile de faire évoluer ces valeurs à la hausse qu’à la baisse. Quand on regarde, à courbe quasi identique, une valeur de référence de 60 passe à 58, tandis que celle à 40 grimpe à 47 ...
La section locale CFDT AC n’est pas foncièrement réfractaire à la hausse de certaines valeurs si, sans mettre en danger les agents de terrain, le gain de productivité est réel.
Mais à l’image de la sécurité routière, sur une route limitée 50 km/h, si des radars informatifs mesuraient des pratiques régulières à 56 km/h, la limitation passerait-elle à 55 km/h? Bien sûr que non !
Il en va de la priorité des priorités : la SECURITE avec forcément des règles à respecter.
Evaluation des besoins de capacité centre (UCESN)
Même s'il faut garder un minimum d'esprit critique, notre section pense que ces méthodes de calcul permettront d'évaluer de façon un peu plus équitable les vrais besoins d'ouverture secteur des différents centres de contrôle et éventuellement d'ajuster la politique d'affectation qui a largement défavorisé le CRNA O au profit d’autres centres ces dernières années.
Capacités de référence/ valeurs OTMV
Les capacités de référence fixées par la DO vont-elles avoir un impact sur les valeurs OTMV ?
On peut craindre en effet une augmentation des OTMV s’il existe un écart important entre celles ci et les capacités de référence. Il sera donc primordial de connaître les valeurs DO pour pouvoir comparer les 150% de la MV et les 150% de la capa de référence et ainsi juger si les nouvelles consignes sont trop permissives ou non en termes de charge de trafic horaire.
traitement des dépassements de capacité
Il y a encore quelques années, cela consistait à étudier les cas représentants 130 % ou 150 % de la MR (la MR correspondant à environ 115 % de la MV). Désormais la DO étudiera les occurrences de 130 % ou 150 % de la capacité de référence dont nous ne connaissons pas à ce jour la valeur et qui par construction sera nettement supérieure à ces 115 % de la MV !!!
Combien de cas de dépassement de capacité seront donc étudiés et traités ?
Seront ils assez nombreux pour être significatifs ? Lors de ces traitements, l’étude du TOF sera-t-elle enfin complétée par celle de l’utilisation du CPDLC ? La DO va-t-elle enfin se moderniser dans ce domaine ?
De plus, dans ces notes notre section regrette :
L’absence de références à l’analyse d’incidents de régulations ou d’overdrafts.
Un réel manque d’ambition sur le traitement des intrus. Elle demande la mise en place d’une réelle politique de gestion, et pourquoi pas de pénalisation, de ces intrus.
le manque d’analyse de l’impact de la vague de recrutement majeur au sein de la DSNA sur la configuration de salle avec un nombre d’UCESA parfois supérieur à celui d’UCESO avec des secteurs dédiés à la formation.
L’absence d’analyse sur la période 23H40 TU /4H TU. Une des spécificités du CRNA O est d’avoir un vrai trafic significatif sur une partie de cette tranche horaire.
Le manque de cohérence suivant : Incompatibilité de la note DO 17/26 qui stipule l’utilisation de l’offre maximale des ressources disponibles avec la note DO 21/24 « Relève en cas d’incident grave », deux notes pourtant signées par une même personne.
Conclusion
En diffusant ces notes dont le but premier est l’optimisation de la performance, nos grands directeurs espèrent gommer leurs erreurs de gestion des dossiers relatifs à la modernisation de la DGAC et des RH (focalisation sur la flexibilité et manque d’anticipation des recrutements), erreurs qui génèrent aujourd’hui une grande partie des délais imputés à la DGAC.
Vouloir traiter ces sujets sans aucune concertation avec les parties concernées, publier ces notes relativement imbuvables à la fin de l’été sans aucune préparation ni pédagogie, cela revient à nourrir encore un peu plus la défiance et les soupçons des salles de contrôle envers leur direction.
Ces pratiques regrettables mais assumées sont-elles vraiment compatibles avec un système de management de la sécurité qui se veut performant ?
encore d'autres retours...Pour aller plus loin
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4CAST ne prend pas en compte la réalité opérationnelle . Le dégroupement/regroupement ne se fait pas en un claquement de doigt et pas toujours à l’heure exacte prévue. On s’expose à devoir
expliquer en postops à devoir expliquer pourquoi on n’a pas eu recours au schéma optimal.
Incertitude: ils ont déjà fait de la Fmp et géré une salle ? Ils font pleins de jolis calculs mais on a une énorme variance sur les courbes. Après il faut être au meuble CDS pour s’en rendre compte , pas sur un tableur Excel dans son bureau.
Tu veux prendre 100 avions, tu prends 10 intrus, tu as passé 110 avions sans que cela soit ton choix. L’année suivante la nouvelle valeur est 110, les bons soldats vont réguler à 110. Encore 10 intrus, on passe 120. Année suivante, nouvelle valeur 120. Encore 10 intrus. Nouvelle valeur 130. Et ainsi de suite…
il y a un autre point à éclaircir : c’est très flou en ce qui concerne la responsabilité entre le CDS ou le S-ATFCM. Je veux savoir qui ira devant le juge en cas de problème, il faut qu’on nous l’écrive noir sur blanc ( avis d’un expert juridique nécessaire).
Si les ressources humaines et les moyens techniques mis à la disposition des CDS ne sont pas à la hauteur des engagements de nos encadrants, il y a fort à parier que plutôt que d’assumer leurs erreurs, la pression sera renforcée sur les contrôleurs et que la campagne médiatique de dénigrement systématique de notre profession s’amplifiera.
La DO, ce n’est plus la Direction des Opérations mais la Dictature des Opérations
Typique de la façon dont les dossiers sont gérés chez nous : ça part d’une intention louable (cadrer les dépassements de capa et abus) et ça finit par un truc non discuté , pas opérationnel et décidé par une poignée de gars dans leur bureau … sans expertise ou échange …
MDDA interdite: c’est la punition. Tu régules, tout le monde est puni même si ça ne change rien.
Je constate qu'ils n'écrivent plus de durée max au-dessus des OTMV ( méthode occupancy )